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M. Aurelius M. f. Cotta [107]

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M. Aurelius Cotta était, d’après Asconius[1], le frère de Caius[2], consul en 75, et de Lucius[3], consul en 62, et donc le fils de M. Aurelius Cotta[4]. Il était peut-être, lui ou son frère Caius, le propréteur vaincu par Sertorius en 80[5], et, de façon certaine préteur au plus tard en 77 et consul en 74[6]. Proconsul de Pont-Bithynie de 73 à 71, il prit Héraclée du Pont après un long siège et la mit à sac[7]. Durant son proconsulat, il renvoya son questeur, P. Oppius, et envoya une lettre au Sénat où il l’accusait de corruption et de conspiration[8]. Selon E. S. Gruen, Cotta fit d’Oppius un bouc-émissaire pour ses difficultés face à Héraclée et l’opération paraît avoir réussi puisqu’à son retour à Rome, il fut d’abord accueilli triomphalement[9]. En effet, le texte de Memnon[10], plus détaillé mais aussi plus suspect que celui de Dion[11], rapporte que le Sénat lui confirma d’abord le titre d’imperator et le cognomen de Ponticus[12]. Toutefois, des rumeurs se répandirent et finalement une véritable haine publique se déchaîna contre Cotta, toujours d’après Memnon. J. Linderski explique cet épisode comme une agitation entretenue par C. Papirius Carbo[13] durant son tribunat grâce à des contiones afin de préparer son accusation. Celle-ci fut déposée en 68 ou 67 et déboucha sur un procès, non pas devant les comices comme l’affirme Memnon, mais plutôt devant une quaestio[14]. Les faits reprochés à Cotta furent interprétés comme une accusation soit de peculatu[15] soit de repetundis[16]. Plus que le détournement du butin, dont il était peut-être aussi coupable, les plaintes des Héracléotes plaident en faveur d’un procès de repetundis. Cotta fut condamné et subit les peines prévues par la loi alors en vigueur, la lex Cornelia, à savoir la double restitution et l’exclusion du Sénat et des honneurs[17], ainsi que vraisemblablement la perte de son surnom de Ponticus[18]. L’exclusion du Sénat est clairement indiquée par Memnon, en même temps que l’absence d’exil, qui en fait à tort une sentence votée par le Sénat[19], et par Dion Cassius puisque le praemium accordé à Carbo, qui se vit octroyer le rang consulaire[20], supposait au préalable que la place de Cotta fut libérée. Cotta disparaît ensuite de nos sources. L’humiliation de sa condamnation et les pertes financières liées, durent l’empêcher de relancer sa carrière et de briguer, par exemple, une nouvelle préture. Quelques années plus tard, son fils, M. Aurelius Cotta[21], le vengea en faisant condamner son accusateur, Carbo, pour le même motif, après son proconsulat en Pont-Bithynie[22]. Sa victoire lui valut de regagner les insignes consulaires de son père et lui attira de nombreuses louanges[23]. De la sorte il renversait la honte de la condamnation paternelle de manière positive[24]. L’effacement du déshonneur était un préalable aussi utile que nécessaire et laissait espérer une excellente carrière. Cependant, nous ne connaissons aucune magistrature pour le jeune Cotta puisqu’il est impossible pour des questions d’âge, comme l’affirme D. R. Shackleton Bailey contre E. Klebs[25], de l’identifier au préteur de 54[26] et gouverneur de Sardaigne de 49[27]. Malgré ses brillants débuts, le fils de Cotta dut subir la colère des césariens qui vengeaient l’un des leurs[28]. [1] Ascon., p. 67 C. [2] E. Klebs, RE, 2/2, 1896, col. 2482-2484, n° 96 s. v. Aurelius ; K.-L. Elvers, Neue Pauly, 2, 1997, col. 320, [5]. [3] E. Klebs, RE, 2/2, 1896, col. 2485-2487, n° 102 s. v. Aurelius ; K.-L. Elvers, Neue Pauly, 2, 1997, col. 320‑321, [9]. [4] E. Klebs, RE, 2/2, 1896, col. 2487, n° 106 s. v. Aurelius. [5] MRR, 2, p. 80. [6] MRR, 2, p. 88 ; 100-101 et 3, p. 32. [7] Pour les sources voir MRR, 2, p. 111, 117, 123 et 128. [8] Cf. notice n° 170. [9] Gruen 1974, p. 269. [10] Memnon., 39 = FGH 3 B p. 366-367 (ap. Phot., Bib., 224, 239a-b). [11] D.C., 36, 40, 3-4. Henry 1991, p. 97 n. 1 rappelle la prudence de Jacoby envers le récit du procès de Cotta chez Memnon. [12] Linderski 1987 [1995], p. 151. [13] Cf. notice n° 144. [14] Linderski 1987 [1995], p. 152-154. [15] Zumpt 1871, p. 493 le classe parmi les « Processe über Amtsverbrechen » ; E. Klebs, RE, 2/2, 1896, col. 2489 ; Linderski 1987 [1995], p. 155-156. [16] David 1980 et 1992, p. 793. Gruen, loc. cit., ne choisit pas entre les deux tout comme Alexander 1990, p. 97, n° 192. [17] Cf. Bur 2018, chapitre 10.8. [18] Linderski 1987 [1995], p. 156. [19] Linderski 1987 [1995], loc. cit. considérant que le Sénat ne pouvait voter ni l’exil ni l’exclusion d’un de ses membres, a supposé que Cotta avait aussi été condamné de maiestate et que le Sénat avait commué la peine capitale en perte du rang sénatorial. Toutefois, bien que le vote d’exclusion fût une procédure envisgée à cette époque (Cf. Bur 2018, chapitre 8) une telle supposition n’est pas nécessaire puisque la lex Cornelia de repetundis prévoyait l’exclusion du Sénat. La sentence sénatoriale rapportée par Memnon correspondrait alors à une confusion de l’auteur peu au fait des procédures judiciaires romaines, cf. David 1992, p. 794 n. 1. [20] D.C., 36, 40, 4. [21] E. Klebs, RE, 2/2, 1896, col. 2489, n° 108 s. v. Aurelius ; David 1992, p. 888. [22] Cf. notice n° 144. [23] Val. Max., 5, 4, 4 et D.C., 36, 40, 4. [24] David 1992, p. 186-187. [25] Shackleton Bailey, CLA, 4, n° 208 (sur 10.16.3), p. 424 contra E. Klebs, RE, 2/2, 1896, col. 2489, n° 109 s. v. Aurelius. [26] MRR, 2, p. 222. [27] MRR, 2, 260. [28] Shackleton Bailey 1960, p. 259 rapporte que Carbo était un césarien.
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