five

M. Livius M f. M. n. Salinator [33]

收藏
DataCite Commons2026-01-02 更新2026-05-04 收录
下载链接:
https://nakala.fr/10.34847/nkl.c610a826
下载链接
链接失效反馈
官方服务:
资源简介:
Il n’est pas dans notre propos de retracer la vie de M. Livius Salinator, né en 254. Seuls deux épisodes vont retenir notre attention : sa condamnation de 218 et sa censure de 204. Consul en 219, il triompha des Illyriens avec son collègue, L. Aemilius Paulus[1]. L’année suivante, il figurait parmi les ambassadeurs envoyés à Carthage déposer l’ultimatum de Rome en réaction à la prise de Sagonte[2]. À son retour il fut mis en accusation devant le peuple et condamné par trente-quatre des trente-cinq tribus[3]. Frontin précise qu’on lui reprochait son partage du butin. Si on rapproche cela du crime de péculat signalé par l’auteur du Viris Illustribus, nous pouvons supposer que Salinator fut accusé d’avoir détourné une partie du butin. C. Claudius Nero, qui avait participé à la campagne de 219 comme tribun militaire, témoigna contre le consul[4]. Salinator vécut la condamnation comme une humiliation ainsi qu’en témoigne le terme ignominia qui figure à deux reprises dans le récit de Tite-Live sur son retour[5]. Le jugement du peuple qui avait prononcé Salinator coupable d’avoir volé la res publica était évidemment profondément humiliant et déshonorant, et cela d’autant plus qu’il s’agissait de la première condamnation de ce type[6]. Toutefois nous n’avons aucune raison de penser que cela provoquait l’exclusion du Sénat. À cette époque, une telle dégradation restait encore du domaine exclusif des censeurs[7]. W. Weissenborn, dans son commentaire du passage de Tite-Live, supposa que les censeurs de 214, qui furent particulièrement sévères[8], lui infligèrent un blâme et le chassèrent du Sénat, mais cela reste une hypothèse[9]. En revanche, Tite-Live rapporte de manière explicite que Salinator avait quitté Rome et était resté huit ans dans sa uilla, loin de la vie politique et sociale[10]. Ce furent les consuls de 210 qui l’obligèrent à rentrer dans l’Vrbs, puis les censeurs de 210 le forcèrent à abandonner la tenue de deuil qu’il portait depuis son accusation et à revenir siéger au Sénat (in senatum uenire)[11]. Ce dernier point pouvait être soit l’annulation du blâme des censeurs de 214, mais dans ce cas on aurait plutôt reuenire ou un équivalent, soit simplement une demande pressante dans le cadre du regimen morum. W. Weissenborn supposait ainsi que les censeurs auraient menacé Salinator d’une nota s’il ne revenait pas à Rome, contredisant son hypothèse sur la sanction de 214. Cette interprétation, suivie par E. Schmähling[12], nous paraît plus crédible. L’aristocratie avait alors fortement souffert de la guerre et Rome avait besoin de généraux et d’administrateurs compétents et expérimentés[13], aussi les censeurs voulurent mettre fin à la bouderie de Salinator et pour cela le mirent au pied du mur. Soit il refusait de revenir et dans ce cas on officialisait sa décision en lui retirant sa dignité, soit il revenait accomplir ses munera publica selon les mots mêmes de Tite-Live. Le consulaire retourna de mauvaise grâce à Rome et aux fonctions publiques et se cantonna dans une présence muette manifestant toujours ainsi son ressentiment[14]. Salinator finit néanmoins par participer de nouveau activement à la vie politique de sorte qu’il fut élu consul pour 207 avec C. Claudius Nero, après qu’ils se furent réconciliés publiquement[15]. Ensemble, ils poursuivirent les opérations militaires en Italie et remportèrent la bataille du Métaure où Hasdrubal fut tué. Salinator célébra un triomphe tandis que Nero dut se contenter d’une ovation[16]. Ce succès leur permit d’être de nouveau élus ensemble pour la censure de 204[17]. La lectio senatus se passa sans encombre, mais lors du recensement de la tribu Pollia à laquelle appartenait Salinator, Nero priva son collègue de son cheval public ranimant leur vieille querelle[18]. La procédure était tout à fait classique. Au début du recensement de la tribu Pollia, Salinator, chevalier inscrit dans celle-ci, fut interrogé par le censeur qui décida de lui retirer son cheval public[19]. Tite-Live, dont le récit est vraisemblablement utilisé par Valère Maxime, précise que le motif du blâme avancé par Nero était la condamnation par le peuple de 218[20]. Aussi bien la cause que la procédure sont crédibles. De surcroît, l’épisode, qui marqua fortement les esprits, est si abondamment décrit par Tite-Live qu’il est très certainement authentique. Apparemment Salinator ne s’opposa pas à son collègue bien qu’il disposât du veto et répliqua peu après en infligeant la même humiliation à Nero[21]. Il semble que la coutume interdisait aux censeurs d’intervenir lorsqu’était examiné leur propre cas et cela expliquerait la surenchère entre les deux collègues qui aboutit à la relégation parmi les aerarii des trente-quatre tribus qui avaient condamné Salinator en 218[22]. En effet Nero riposta à son tour en reléguant Salinator parmi les aerarii lorsqu’il déposa sa liste à la fin du cens[23]. Ainsi, le consul de 219 et de 207, le triomphateur d’Hasdrubal, avait été privé de son cheval et relégué parmi les aerarii parce qu’il avait été condamné par le peuple une quinzaine d’années plus tôt tout en étant maintenu au Sénat[24]. Nous pouvons nous demander pourquoi Nero choisit d’intervenir lors de la recognitio equitum et non lors de la lectio senatus. Il est surprenant qu’un citoyen puisse être exclu de l’ordre équestre en raison d’une faute et conserver néanmoins son siège au Sénat, dignité supérieure[25]. Soit il s’était passé quelque chose qui avait ravivé l’inimitié entre les deux hommes entre les deux procédures (nous savons que la lectio senatus était traditionnellement la première tâche des censeurs, elle eut donc lieu quelques semaines voire quelques mois avant l’examen de la tribu Pollia), soit cela résultait d’une décision mûrement réfléchie de Nero. La procédure empêchait peut-être Nero d’agir durant la lectio senatus puisque l’exclusion du Sénat était d’abord débattue par les censeurs avant d’être notifiée au peuple lors de la recitatio. Nero n’aurait pas bénéficié de l’effet de surprise et il y aurait sans doute eu un blocage car Salinator n’aurait pas pu rester silencieux après que son collègue lui eut proposé de rayer son nom. Si Nero voulait humilier publiquement son collègue, la revue de l’ordre équestre qui se déroulait au Forum était une meilleure occasion. Nous ne pensons pas que Nero ne voulut pas infliger un affront trop grave à son collègue et que, tenant à manifester sa sévérité, il se contenta du retrait du cheval public. Il ne pouvait pas ignorer que priver du cheval public son collègue était une insulte qui réactiverait leur ancienne inimitié. Nero savait ce qu’il faisait et était vraisemblablement conscient des conséquences, mais il reste possible que la situation ait évolué entre les deux collègues depuis le début de la censure. J. Suolahti supposait que Nero pouvait avoir conservé une certaine rancœur envers son collègue après la victoire du Métaure où il avait dû céder le pas à Livius[26]. Peut-être qu’une nouvelle vexation durant la censure l’avait exaspéré au point de se venger durant la recognitio equitum. Il est difficile de déterminer les motivations de Nero à partir du récit livien, et, puisqu’il ne pouvait pas agir durant la lectio senatus, nous ne pouvons pas conclure sur le moment où la vieille querelle se raviva. Face à l’ampleur et au ridicule de la dispute et de ses répercussions, un tribun, Cn. Baebius, avait menacé d’agir contre les censeurs. Le Sénat intervint et ceux-ci arrêtèrent leur querelle et revinrent sur leurs décisions[27]. Salinator conserva donc son cheval public et ne fut pas fait aerarius. J. Suolahti fait remarquer que la dispute avait été néfaste à la réputation des censeurs et qu’aucun d’eux ne revêtit par la suite une importante charge[28]. Mais il oublie que Nero et Salinator avaient atteint le sommet du cursus ! Quant au fils de Salinator, C. Livius Salinator[29], il ne semble pas avoir souffert des excès de son père durant sa censure et de l’inuidia que cela lui attira[30] puisqu’il eut une brillante carrière et fut consul en 188. [1] MRR, 1, p. 236. Cf. Itgenshorst 2005, p. 137-140, n° 156 et 157 ; Bastien 2005, p. 407. [2] MRR, 1, p. 239. [3] Liv., 22, 55, 3 ; 27, 34, 3 ; 29, 37, 4 et 13 ; Perioch., 29, 18 ; Front., Strat., 4, 1, 45 ; D.C., 17, 71 ; Vir. Ill., 50, 1. [4] Liv., 29, 37, 10 et Val. Max., 4, 2, 2. [5] Liv., 27, 34, 4 et 5. [6] Coudry 2009, p. 48-49. [7] Cf. Bur 2018, chapitres 9.5.2 et 12.6. Cf. Willems 1885, 1, p. 217. [8] MRR, 1, p. 259. Sur les blâmes infligés par les censeurs de 214 voir les notices n° 3 et 47-50. [9] Weisenborn et Müller 1878, p. 87-88. [10] Liv., 27, 34, 4-5. [11] Liv., 27, 34, 6. [12] Schmähling 1938, p. 102. [13] Scullard 1973, p. 67-68 suppose également que le retour de Salinator était permis par la reprise de Capoue. En effet, son beau-père, le capouan Pacuvius, avait rallié les Carthaginois et Salinator se trouvait dans une situation difficile et pouvait paraître suspect. [14] Liv., 27, 34, 7. [15] MRR, 1, 294. [16] Cf. Itgenshorst 2005, p. 147-152, n° 161 et 162 ; Bastien 2005, p. 408. [17] MRR, 1, p. 306 et Suolahti 1963, p. 325-331. [18] Liv., 29, 37, 8-10 ; Perioch., 29, 19 ; Val. Max., 2, 9, 6 ; D.C., 17, 71. [19] Cf. Bur 2018, chapitre 3.1. [20] Notons que si Salinator avait été dégradé par les censeurs de 214 pour ce même motif, il est surprenant que dans un cas il ait été exclu du Sénat et dans l’autre privé de son cheval public, à moins de supposer qu’en 214 comme en 204 les censeurs l’exclurent uniquement de l’ordre équestre. Cela nous paraît peu crédible puisque les censeurs et consuls de 210 le prièrent de revenir siéger au Sénat et que le rang sénatorial étant plus digne que le rang équestre, on ne comprendrait pas comment les censeurs de 214 purent enlever seulement le second. Nous verrons ci-dessous comment cela fut rendu possible en 204. [21] Cf. notice n° 50. [22] Cf. Bur 2018, chapitre 2.3 et notice n° 75. [23] Cf. Bur 2018, chapitres 2.5. Nero préférait l’inclure dans un blâme collectif plutôt que l’obliger à comparaître individuellement à moins que, ayant déjà été convoqué lors de la recognitio, Salinator ne pût plus être interrogé par le censeur. [24] Notons que cet épisode fournit un bel exemple de l’arbitraire des censeurs puisqu’un personnage put échapper au blâme pendant deux censures avant d’être finalement sanctionné. [25] En 203, M. Livius parla en premier au Sénat : Liv., 30, 23, 1. [26] Liv., 28, 9, 9-11 ; Suolahti 1963, p. 331. [27] Liv., 29, 37, 17. Cf. notice n° 50. [28] Suolahti 1963, p. 330. [29] F. Münzer, RE, 13/1, 1926, col. 888-890, n° 29 s. v. Livius ; K.-L. Elvers, Neue Pauly, 7, 1999, col. 372, [I 11]. [30] Liv., 29, 37, 17 : In inuidia censores cum essent.
提供机构:
NAKALA - https://nakala.fr (Huma-Num - CNRS)
创建时间:
2026-01-02
5,000+
优质数据集
54 个
任务类型
进入经典数据集
二维码
社区交流群

面向社区/商业的数据集话题

二维码
科研交流群

面向高校/科研机构的开源数据集话题

数据驱动未来

携手共赢发展

商业合作