A. Cluentius A. f. Habitus [4]
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A. Cluentius Habitus est le personnage pour lequel Cicéron plaida en 66, discours à partir duquel il publia le Pro Cluentio. Cluentius avait été chevalier romain[1], ce que rappelle fréquemment Cicéron pour influencer le jury composé alors de membres de l’ordre équestre[2]. Il était également fils de chevalier et sans doute décurion de Larinum dont il défendit les intérêts à Rome dans l’affaire des esclaves de Mars[3]. Sans revenir sur les détails du procès de 74, Cluentius avait accusé Oppianicus, son beau-père, d’avoir tenté de l’empoisonner[4]. L’affaire avait donné lieu à un vaste scandale car on soupçonnait les juges d’avoir été corrompus. Comme certains d’entre eux furent punis par les censeurs[5], ces derniers se tournèrent naturellement vers le vainqueur du procès, Cluentius[6]. Cicéron emploie le terme d’animaduertere pour désigner l’action des censeurs, terme que nous retrouvons parfois pour indiquer une sanction (exclusion du Sénat ou de l’ordre équestre)[7]. La comparaison avec l’épisode de C. Licinius Sacerdos[8] et les informations sur l’évaluation de la dignité de Cluentius confirment cette interprétation. Une fois encore dans ce discours, Cicéron tend à minimiser le blâme censorial dont est victime cette fois son client et il évite soigneusement d’utiliser les termes techniques de la censure. Pour renforcer l’impression d’un châtiment immérité, l’avocat le lie à la corruption judiciaire contre laquelle les chevaliers avaient normalement l’immunité[9]. Or Cluentius était dans ce procès l’accusateur et non un juge, et il n’était donc pas protégé par la loi. Il est également possible que le soupçon de corruption des juges qui pesait sur Cluentius ne constituait pas le seul motif de blâme des censeurs, mais Cicéron se garde bien de mentionner les autres.
Exclu de l’ordre équestre en 70, Cluentius fut par la suite accusé en 66 par T. Attius de Pisaure et le fils d’Oppianicus pour avoir tué ce dernier. Nous sommes mal renseignés sur l’issue de ce nouveau procès et Cluentius n’apparaît plus dans nos sources passée cette date. Nous ne lui connaissons aucun descendant.
[1] Cic., Cluent., 156.
[2] Nicolet 1966-1974, 1, p. 197.
[3] Nicolet 1966-1974, 2, p. 841 et David 1992, p. 784-785. Cicéron le désigne comme domi nobilis (Cluent., 196). Pour l’affaire des Martiales : Cic., Cluent., 43.
[4] Alexander 1990, p. 75-76, n° 149. Il y avait aussi eu les procès de Scamander (p. 74, n° 147) et de C. Fabricius d’Alatrium (p. 74-75, n° 148), également d’après la lex Cornelia de ueneficiis.
[5] Voir les notices de M’. Aquillius et Ti. Gutta n° 21 et 25.
[6] Cic., Cluent., 133: « [censores] putarunt praetermitti accusatorem non potuisse, cum animaduersum esset in iudices ».
[7] Cf. Bur 2018, chapitre 4.1.
[8] Cf. notice n° 59.
[9] Nicolet 1966-1974, 1, p. 560-561.
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创建时间:
2026-01-02



