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400 chevaliers insubordonnés en 252 av. J.C.

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C. Aurelius Cotta[1], consul en 252[2], dirigea avec son collègue les opérations militaires en Sicile, alors au cœur de l’affrontement entre Romains et Puniques. Au cours de cette campagne, il fut confronté à des actes d’insubordination[3], dont même un membre de sa famille se rendit coupable[4]. Face à ces difficultés, il ne pouvait sans doute pas utiliser la coercition liée à son imperium parce que les soldats indociles étaient très nombreux (quatre cents selon Valère Maxime) et surtout de rang équestre[5]. En effet, si Frontin se contente d’indiquer qu’ils furent notés, Valère Maxime est plus précis en mentionnant le retrait du cheval public[6]. Cotta profita de la présence de censeurs à Rome, M’. Valerius Maximus Corvinus Messala et P. Sempronius Sophus[7], pour prendre des mesures contre eux sans recourir à la contrainte physique. Les censeurs, que le consul alerta de ce refus d’obéissance, considérèrent ce comportement indigne de chevaliers, et même inacceptable pour un citoyen puisque non seulement ils leur ôtèrent le cheval public, mais ils les reléguèrent en outre parmi les aerarii. Cette dégradation si complète est pourtant la première occurrence d’une action des censeurs contre des chevaliers[8] et fait partie des sanctions collectives les plus importantes. Cotta ne s’arrêta pas là puisqu’il obtint du Sénat une diminution de la solde d’après Frontin[9]. Les tribuns de la plèbe, informés de cet épisode, auraient également voulu proposer des mesures comparables faisant dire à Frontin toujours qu’il y eut un consensus autour de la nécessité de châtier un tel comportement[10]. Ainsi, le refus d’obéissance à un consul fut jugé non seulement par les censeurs, mais même par l’ensemble de la communauté, comme méritant une déchéance totale. Cela était sans doute dû aussi au fait qu’il eut lieu à une période difficile de la première guerre Punique de sorte que l’indulgence aurait ruiné la discipline des troupes et le moral de la cité. En ne se comportant pas comme des soldats en période de guerre, dévoués à leur général, les insubordonnés ne pouvaient prétendre à jouer un rôle majeur dans la cité puisqu’ils n’accomplissaient pas le premier devoir du citoyen, la défense de la cité. [1] E. Klebs, RE, 2/2, 1896, col. 2481-2482, n° 94 s. v. Aurelius. [2] MRR, 1, p. 212. [3] Val. Max., 2, 9, 7 parle de façon élogieuse de ce groupe mais seulement pour sa conduite face au châtiment subi, et nous ne pouvons donc rien conclure sur ses raisons de désobéir. [4] P. Aurelius Pecuniola, cf. notice n° 100. [5] Valère Maxime parle de iuuenes : Cotta devait être confronté à une rébellion des jeunes aristocrates de son armée, sans que nous puissions en déterminer la raison, et ne voulut certainement pas prendre le risque de la réprimer pour ne pas s’attirer de nombreuses inimitiés à Rome. [6] Nicolet 1966-1974, 1, p. 84 accepte de lire cette expression equis publicis spoliatos comme la mention d’une privation du cheval public, interprétant spoliare comme un effet de style pour donner un ton militaire à l’ensemble de l’épisode. [7] MRR, 1, p. 212 et Suolahti 1963, p. 274-276. [8] Baltrusch 1989, p. 11. [9] Front., Str., 4, 1, 22. [10] Les deux auteurs utilisent cet épisode dans des buts différents : Valère Maxime pour louer la patience des chevaliers face aux sanctions, Frontin pour exalter la concorde autour de ces mêmes sanctions. Aussi l’épisode a‑t-il de fortes chances d’être historique.
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2026-01-02
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